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L'OCCUPATION DANS LE VILLAGE DE MIREMONT

Miremont sous l'occupation

Le village de Miremont (878 habitants au recensement de 1936), est situé à 30 km au sud de Toulouse, à proximité du bourg d’Auterive et de la limite avec le département de l’Ariège. Il n’est pas très éloigné, non plus, de Muret, chef-lieu d’arrondissement de la Haute-Garonne. Il est également proche, à Vénerque et à Auterive, d’un axe communication majeur, routier et ferroviaire : la RN 20 de Toulouse à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales) à la frontière espagnole ; la ligne de chemin de fer de Toulouse à Latour-de–Carol (Pyrénées-Orientales), également à la frontière espagnole. Il semblait un lieu sûr pour servir d’abri aux proscrits — il avait accueilli une famille juive, les Liberman et un bébé, Marie-Claude Laska, tous pourvus de faux papiers — et abriter une activité résistante importante. D’autres compagnies du 3e bataillon du 3e régiment blindé de la division Das Reich furent aussi cantonnées dans des communes de ce secteur du piémont pyrénéen au sud de Toulouse. Elles avaient également les maquis en ligne de mire afin de protéger les voies de communication.
 
Le village :
 
Le 9 avril 1944, la 9e compagnie du III/SS-Pz Grn Rgt 3 (Deutschland) de la 2. SS-Panzergrenadier-Division "Das Reich" arriva à Miremont (Haute-Garonne) et installa son PC à la maison Decap (aujourd’hui, place Lacroux). L’état-major de la compagnie fut sous la direction successive des SS-Untersturmführer Seibert puis du lieutenant Anton Philipp secondé par les adjudants-chefs Grabendurnrhl et Breig et un sergent. Les différentes sources consultées, en particulier Michel Goubet, indiquent que le lieutenant qui commandait la compagnie était nommé Philip Busch. Toutefois, Jean-Daniel Gaudais qui a consulté le dossier de l’instruction, du procès et du jugement d’Anton Philipp (condamné le 12 mai 1953 par le tribunal permanent des forces armées de Bordeaux) conservé au dépôt des Archives de la Justice militaire du Blanc (Indre) indique que Anton Philipp a commandé la compagnie au moment où celle-ci était stationnée à Mirenont et qu’il fut mêlé de très près au massacre des Juifs le 2 juin 1944. Anton Philipp était né le 3 octobre 1919 à Teplitz/Teplice, dans le massif de l’Erzgebirge au nord de la Bohême, près de la frontière avec la Saxe. Il entra dans la SS peu après l’annexion des Sudètes par le Troisième Reich en octobre 1938. Il participa à la campagne de Russie avec la division SS Das Reich. Il fut blessé à Karkhov et se retrouva avec la division Das Reich dans la région toulousaine où elle était stationnée au printemps 1944. S’il ne participa pas aux opérations meurtrières de sa compagnie en Comminges, Bigorre et Gers les 10 et 11 juin 1944, on le retrouva dès le 4 juin à Castelmaurou où il prit le commandement d’une compagnie de la division Das Reich qui était en charge de la sécurité du général Johannes Blaskowitz,chef du groupe d’armées G, dont le quartier général était installé près de Castelmaurou. Après leur extraction de de la prison Saint-Michel de Toulouse, seize résistants furent exécutés sous les ordres d’Anton Philipp, le 27 juin 1944, dans le bois de la Reulle, à quelques kilomètres du village de Castelmaurou.
D’autres édifices de Miremont furent aussi réquisitionnés pour loger les officiers et les hommes de troupe : le château de M. Ayer et la maison Gaillard. L’état-major allemand (le quartier général du groupe d’armées G de la Wehrmacht commandé par le général Johannes Blaskowitz se trouvait à Rouffiac à huit kilomètres au nord-est de Toulouse. Blaskowitz avait entrepris dès le printemps de détruire les maquis susceptibles d’entraver les communications vers le nord et vers l’est le littoral méditerranéen et la basse vallée du Rhône (débarquements alliés attendus sur les plages de la Manche et de la Méditerranée, mais aussi, vers le sud (contrôle de la frontière espagnole et andorrane et des voies de pénétration vers le massif pyrénéen). Il se trouve que Miremont était situé à proximité d’un maquis de la Haute-Garonne rattaché au Corps franc Pommiès (CFP) de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), le maquis de Rieumes. Ce maquis était fort actif et avait récupéré les contenus de cinq parachutages. Il avait suffisamment d’armes non seulement pour équiper des effectifs qui seraient activés après un premier débarquement, mais également pour en fournir à d’autres maquis et en introduire dans la ville de Toulouse. Des armes et des parachutes étaient cachés dans le village et ses environs. D’ailleurs, le capitaine Lacroux, du CF Pommiès et un des futurs chefs du maquis de Rieumes (Haute-Garonne), habitait à Miremont. L’installation de cette compagnie de la division Das Reich à Miremont doit être comprise dans la double perspective stratégique qui lui était assignée, le contrôle des voies de communication et la lutte contre les maquis, surtout celui qui, à proximité de ce village, avait le plus attiré leur attention.
 
La présence, pendant plus de deux mois, de cette compagnie de la division SS Das Reich dans une commune rurale si petite fut à l’origine de problèmes et de drames. Des maisons furent réquisitionnées. Le couvre-feu, très strict, fut imposé (à l’exception de Mère Marie de Béthanie, infirmière et supérieure de l’orphelinat. Elle en profita pour livrer des armes destinées à la Résistance à un cordonnier toulousain) perturbant les travaux agricoles de printemps. Les SS fouillèrent systématiquement les maisons suspectes. Ils s’emparèrent sous la menace, de denrées alimentaires. Ils établirent des barrages à toutes les entrées du village. Le clocher fut aménagé et devint un mirador qui contrôlait en permanence les activités des habitants dans les rues du village. Les délations qui facilitèrent le travail de répression de personnes soupçonnées de travailler pour la Résistance, en l’occurrence le CF Pommiès, créèrent et maintinrent une ambiance délétère. Le maire, Jean Saint-Gaudens, dut négocier à plusieurs reprises avec les militaires SS, et évita parfois une répression aveugle.

Vidéo du monument aux morts de Miremont par My Home Toulouse à Miremont.